de gauche à droite : Eric Phélippeau - FNIM / Agnès FAUGOUT - Cessim / Nicolas Bohuon - FNIM / Marie Laure LEROLLE - Ipsos.
Depuis 2009, le CESSIM* a mis en place un baromètre spécifique pour mesurer l’évolution des pratiques et l’attrait des professionnels de santé (PS) pour les médias numériques. En exclusivité pour la FNIM (qui fête en 2016 ses 40 ans), Agnès Faugout, Trésorière du CESSIM, et Marie-Laure Lerolle, directrice du département médias d’Ipsos, nous ont présenté la dernière enquête effectuée en 2015.
Le baromètre digital s’est appuyé en 2015 sur un échantillon de 2500 médecins et pharmaciens recrutés par téléphone, auxquels on envoie un questionnaire en ligne, avec un taux de répondants très élevé de 79% (1911 répondants), ce qui montre une grande motivation de la part des répondants. Nous avons interrogé des MG, des MS et des pharmaciens. Parmi les MS, il y avait 5 spécialistes : dermatologues, gynécologues, neurologues, pédiatres et rhumatologues ». La méthodologie de cette étude menée par Ipsos a été auditée par le CESP.
Profil de l’échantillon
Pharmaciens : 47 ans en moyenne, 66% de femmes, 7,6 personnes dans l’officine.
MG : 53 ans en moyenne, 66% d’hommes, 49% en cabinet de groupe (contre 40% en 2014, donc évolution forte qui a un impact sur les métiers de l’information médicale).
MS : 53 ans en moyenne, 59% de femmes (notamment gynécologues, dermatologues et pédiatres).
Les pratiques
Connexion internet et outils de connexion (utilisation professionnelle uniquement) :
1) tous les médecins (96%) et pharmaciens (99,5%) sont internautes, se connectent au moins une fois par jour (en particulier les MG) et cela pendant plus d’une heure (1h20 chez les MS).
2) L’utilisation de la tablette progresse relativement peu à 2014 : 27% des pharmaciens (contre 24%), 39% des MG (32%) et 39% des MS (35%). Mais le PC reste l’outil privilégié pour se connecter au net, y compris pour les multi-équipés.
3) Que font-ils avec leurs outils de mobilité (tablette et smartphone) ? Ils se connectent à des titres de presse en ligne (plus de 70% des médecins), essentiellement à partir de la tablette ; à des sites de formation en ligne (surtout pour les médecins) ; à des bases médicales (plus de 80% des médecins).
4) Le smartphone est privilégié pour le téléchargement d’applis, mais il est à noter que seulement 1/3 des pharmaciens et la moitié des médecins ont téléchargé une application. Pour tous, la première appli téléchargée est celle du Vidal ; suivent les médias professionnels et la formation (pharmaciens), le calcul médical et les médias professionnels (MG), le calcul médical, la FMC, les médias professionnels, les congrès (MS).
Les réseaux sociaux (utilisation professionnelle uniquement) :
La consultation des réseaux sociaux n’est pas encore une pratique très développée : médecins et pharmaciens les consultent peu (entre 11 et 16%).
S’ils les consultent, c’est en priorité pour s’informer de l’actualité, puis pour échanger avec des confrères et, en mineur, pour réagir et partager des contenus.
Les moyens d’information :
La presse médicale et la presse de l’officine au format papier restent le premier média (surtout MS), avec une lecture très régulière ; suivent les parutions des organismes professionnels (pharmaciens), les échanges professionnels (médecins), l’info médicale sur le net (pharmaciens et MG) et la participation aux congrès (MS).
Pour quel usage ?
1) Les pharmaciens se servent d’internet pour rechercher de l’information (92%) et communiquer (71%), les médecins pour s’informer (92%) et traiter des questions d’ordre administratif (77 à 80%). On voit que l’information sur internet est un enjeu majeur.
2) Les pharmaciens reçoivent 6 newsletters par jour (en progression), les MG 7 (en progression) et les MS 4,5 – soit une très forte exposition à ce média. Pour eux, c’est un moyen rapide d’accéder à l’information, et l’objet de la newsletter constitue le principal motif d’ouverture (plus que l’identité de l’expéditeur).
La FMC et la DPC :
Les 2/3 des pharmaciens et environ la moitié des médecins ont le sentiment d’être plutôt bien informés. L’utilisation d’internet comme outil de formation n’est pas encore généralisée, à l’exception des pharmaciens (60%). Pourquoi ? Parce qu’on préfère une formation présentielle (relation humaine), ou par manque de temps.
Les médias alternatifs
Forums de discussion, web TV, VM à distance recueillent peu d’adhésion (2/10), contrairement à la formation médicale en ligne (7/10), à la VM en face à face avec support digital (4/10) et au e-conférences ou e-congrès (4/10).
Quelques résultats pour conclure
Parmi les MS, ce sont les neurologues qui se connectent le plus (75% au moins une fois par jour) et les dermatologues le moins (56%). En termes d’utilisation de tablettes, les résultats sont homogènes pour la plupart des MS. Enfin, dermatologues et pédiatres utilisent le plus internet en tant qu’outil de FMC/DPC.
Denis Briquet pour la FNIM
*Le Centre d’Etudes Sur les Supports de l’Information Médicale, association créée en 1972, a pour missions de :
- développer des outils de mesure d’audience (6000 PS interviewés en 3 ans) et de comportement des PS
- mesurer la consommation des médias médicaux et pharmaceutiques par les MG et MS, les médecins hospitaliers et les pharmaciens
- diffuser à ses adhérents (annonceurs, agences conseil, éditeurs) les études d’audience par spécialité et le baromètre numérique sous format téléchargeable (www.cessim.fr).